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mardi 17 mars 2009

Alain Souchon-Je chante un baiser

* Casablanca 27.05.1944
Genre: Chanson
Album: Au ras des pâquerettes




Je chante un baiser
Je chante un baiser osé
Sur mes lèvres déposé
Par une inconnue que j'ai croisée

Marchant dans la brume
Le cœur démoli par une
Sur le chemin des dunes
La plage de Malo Bray-Dunes

La mer du Nord en hiver
Sortait ses éléphants gris vert
Des Adamo passaient bien couverts
Donnant à la plage son caractère
Naïf et sincère

Le vent de Belgique
Transportait de la musique
Des flonflons à la française
Des fancy-fair à la fraise

Elle s'est avancée
Rien n'avait été organisé
Autour de moi elle a mis ses bras croisés
Et ses yeux se sont fermés fermés

Jugez ma fortune
Sous l'écharpe les boucles brunes
C'est vrai qu'en blonde j'ai des lacunes
En blonde j'ai des lacunes

Oh le grand air
Tournez le vent la dune à l'envers
Tournez le ciel et tournez la terre
Tournez tournez le grand air

La Belgique locale
Envoyait son ambiance musicale
De flonflons à la française
De fancy-fair à la fraise

Toi qui a mis
Sur ma langue ta langue amie
Et dans mon cœur un décalcomanie
Marqué liberté liberté chérie

Je donne des parts
Pour ce moment délicieux hasard
Adamo MC Solar
Oh ! tous les milliards de dollars

Le vent de Belgique
Envoyait mélancolique
Ses flonflons à la française
De fancy-fair à la fraise

Si tout est moyen
Si la vie est un film de rien
Ce passage-là était vraiment bien
Ce passage-là était bien

Elle est repartie
Un air lassé de reine alanguie
Sur la digue un petit point parti
Dans l'audi de son mari
Ah ! son mari

Je chante un baiser
Je chante un baiser osé
Sur mes lèvres déposé

mardi 7 octobre 2008

Jules Mousseron-L'viell' toutoule l'avaricieuse

* Denain 01.01.1868
+Denain 11.1943
Genre: Poésie du terroire
Recueil: Oeuvres complètes





Alle étot d'eun' telle avarice,
Qu' mêm' l'hiver, all couquot sans qu'misse.
S'quenne étot dure comme du caillau.
Les puches crévotent d'faim su s'piau.

In tout all' saquot s'bénéfice
Et pou fair' del soupe - del quiquisse -
All' ramassot des haricots
N'imprt' dû, même dins l'rucheau.

All' vindot d' tout's sort's d'agobilles,
Jusqu'à s' n'ieau d' pleuv', ses escarbilles.
Jusqu'à l'longu' cort' dé s'n'homm' pindu.

All' arot rogner su la lune !
Mais in n' li-a point connu d'rancune...
Si all' d'a eu, all' l'a rvindu'

samedi 4 octobre 2008

Albert Samain- Il est d'étranges soirs


*Lille 3.04.1858
+Magny les Hameaux 18.08.1900
Genre: symbolisme
Recueil : Au jardin de l'infante




Il est d'étranges soirs, où les fleurs ont une âme,
Où dans l'air énervé flotte du repentir,
Où sur la vague lente et lourde d'un soupir
Le coeur le plus secret aux lèvres vient mourir.
Il est d'étranges soirs, où les fleurs ont une âme,
Et, ces soirs-là, je vais tendre comme une femme.

Il est de clairs matins, de roses se coiffant,
Où l'âme a des gaietés d'eaux vives dans les roches,
Où le coeur est un ciel de Pâques plein de cloches,
Où la chair est sans tache et l'esprit sans reproches.
Il est de clairs matins, de roses se coiffant,
Ces matins-là, je vais joyeux comme un enfant.

Il est de mornes jours, où las de se connaître
Le coeur, vieux de mille ans, s'assied sur son butin,
Où le plus cher passé semble un décor déteint,
Où s'agite un minable et vague cabotin.
Il est de mornes jours las du poids de connaître,
Et, ces jours-là, je vais courbé comme un ancêtre.

Il est des nuits de doute, où l'angoisse vous tord,
Où l'âme, au bout de la spirale descendue,
Pâle et sur l'infini terrible suspendue,
Sent le vent de l'abîme, et recule éperdue !
Il est des nuits de doute, où l'angoisse vous tord,
Et, ces nuits-là, je suis dans l'ombre comme un mort.